Prise de parole en public : 12 secrets pour réussir son intervention
La maîtrise de la prise de parole en public est aujourd’hui incontournable. Comment capter l’attention de son auditoire et faire entendre ses arguments ? Voici 12 conseils d’expert pour s’assurer que votre message soit entendu et compris.
- 1. Pourquoi les formations à la prise de parole en public aident à faire la différence
- 2. Identifier les messages qui vont intéresser son auditoire
- 3. Pas de prise de parole en public efficace sans un plan clair
- 4. Les bons arguments pour convaincre à l’oral
- 5. Le rôle de la posture et la gestuelle dans la prise de parole en public
- 6. Les secrets du regard, de la voix, et de la positivité !
- 7. Se débarrasser des tics de langage pendant sa prise de parole
- 8. Choisir ses supports, limiter ses notes !
- 9. Répéter oralement sa présentation orale !
- 10. Prise de parole en public et gestion du trac
- Un TED à recommander sur la prise de parole de public ?
- Rendre son expertise accessible à l’oral
1. Pourquoi les formations à la prise de parole en public aident à faire la différence
Bien que la parole soit présente partout, les différents cursus de formations initiales sont très majoritairement axés sur l’écrit. Cela explique le succès de formations comme "Se perfectionner à l’expression orale et à la prise de parole en public" chez Cegos.
Fini le temps où les managers prenaient la parole pour les autres. Gilles Fraigneau, consultant-formateur chez Cegos, souligne qu’aujourd’hui, il est très rare de ne pas avoir à parler, à expliquer ce que l’on fait au sein d’une organisation, et ceci quelque soit le métier ou le niveau hiérarchique.
« Arrivés dans le milieu professionnel, nombreux sont ceux qui savent structurer l’écrit, mais rares ceux qui sont structurés et performants à l’oral. L’oral est un exercice qui requiert d’autres aptitudes. Cela explique que de nombreuses personnes réalisent qu’elles ont besoin de se former à la prise de parole en public au bout de quelques années d’expérience professionnelle. »
2. Identifier les messages qui vont intéresser son auditoire
La clé d’une prise de parole réussie est de se concentrer sur les informations que les autres ont besoin d’entendre, et non pas sur ce que l’on veut dire. « En réunion ou lors d’une intervention, les personnes présentes vont filtrer les informations qu’ils reçoivent en fonction d’un paramètre simple : ce qui leur est utile et ce qui ne l’est pas ! Il faut donc chercher à accrocher l’attention et à prendre en compte les objectifs du public auquel on s’adresse. Il faut imaginer la prise de parole comme une sorte de "vente d’arguments" qui va donner envie à l’auditoire d’écouter et de s’approprier les informations », explique Gilles Fraigneau.
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3. Pas de prise de parole en public efficace sans un plan clair
La structure d’une prise de parole se construit autour d’un plan en trois temps : l’introduction, le développement et la conclusion. « À l’oral, nous appelons l’introduction "l’accroche", car il faut d’entrée de jeu donner une information qui stimule l’attention du public. L’accroche sert à motiver l’écoute », résume Gilles Fraigneau. Un développement réussi est composé de quelques points qui vont intéresser l’auditoire. Il est souvent articulé autour de grandes questions pragmatiques comme "Que va-t-on faire ? Qui va être en charge ? Comment allons-nous le faire ?".
La conclusion a une fonction de mémorisation. Elle donne les deux ou trois points clés à retenir de l’intervention.
4. Les bons arguments pour convaincre à l’oral
Ensuite vient la question de l’argumentation. « Ce travail nécessite une fois encore de remettre le public au centre du dispositif. Devant un public très opérationnel, on évitera d’employer des arguments abstraits car cela ne leur parlera pas », insiste Gilles Fraigneau. Le but est de toucher l’auditoire en utilisant des représentations, des histoires qui lui sont familières.
Devant un public hétérogène, il faut au contraire choisir un argumentaire riche et varié qui aura été travaillé auparavant. « Le temps de préparation d’une prise de parole varie logiquement en fonction des enjeux qui lui sont liés ! ».
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5. Le rôle de la posture et la gestuelle dans la prise de parole en public
Le corps, qui va influencer la manière de délivrer une parole, n’est pas assez valorisé dans les formations initiales. « Il faut considérer la parole comme un sport !, déclare Gilles Fraigneau, consultant-formateur chez Cegos. Le comportement que l’on va avoir lors de la prise de parole, c’est l’image que l’on va donner aux autres du professionnel que nous sommes. » La maîtrise d’un sujet est renvoyée au public en partie par la stabilité de sa posture. Il est important d’être stable sur ses jambes, de se tenir droit, d’être ancré, rassurant dans sa manière de parler.
La gestuelle est également importante. Le but lors des formations est de retrouver de la spontanéité dans ses gestes.
6. Les secrets du regard, de la voix, et de la positivité !
Le regard est un élément parfois difficile à maîtriser. « Il faut chercher le regard de chaque personne dans la salle, établir une connexion avec chacun. Face à un public nombreux, on regarde dans les différentes zones de la salle. »
Autre élément : la voix. Pour poser sa voix, il faut trouver le bon rythme tant pour l’orateur ou l’oratrice que pour le public. « Quand on connaît bien un sujet, on a tendance à dire les informations à la vitesse de nos connaissances…. Or parler trop vite est un frein à la mémorisation des informations », déplore Gilles Fraigneau. En formation, différents exercices de diction servent à améliorer l’articulation et la ponctuation, c’est-à-dire d’apprendre à respirer quand on parle.
Dernier élément : l’état d’esprit. « Il est poli d’être de bonne humeur ! (Voltaire). L’enthousiasme est une clé pour être écouté. Un orateur qui aborde les choses avec un esprit positif, confiance va plus facilement convaincre son auditoire. »
7. Se débarrasser des tics de langage pendant sa prise de parole
Pour corriger ses tics de langage, il faut tout d’abord les entendre ! Avoir le bon rythme, la bonne ponctuation de sa phrase permet de mieux les contrôler. « Les tics de langage sont souvent là pour créer une liaison, une transition. Il faut s’accorder un peu plus de silences », remarque Gilles Fraigneau.
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8. Choisir ses supports, limiter ses notes !
Avant toute chose, il faut se poser la question de la pertinence du/des supports, et ne pas les surcharger. « Un public qui voit 50 diapositives en 30 minutes ne va pas les mémoriser, donc ce n’est pas intéressant. Le support visuel n’est justifié que s’il aide à visualiser et mieux comprendre l’information transmise par l’orateur. »
En ce qui concerne les notes, elles doivent se résumer à des mots-clés, des éléments de langage, afin de rien oublier. Elles doivent être calibrées et construites pour la prise de parole. Il faut absolument éviter d’écrire des phrases car certaines formulations écrites ne passent pas à l’oral. Gilles Fraigneau insiste : la structure de l’oral n’est pas celle de l’écrit. C’est la raison pour laquelle il est déconseillé de s’appuyer sur des pages de notes. L’intervention sera moins spontanée, moins fluide. « Le risque est alors d’être dans la lecture des notes, ce qui n’est pas ce que l’on attend d’une prise de parole en public. »
9. Répéter oralement sa présentation orale !
La punchline que notre expert aime répéter lors des formations est : « l’oral ne se travaille qu’à l’oral ! »
Ses conseils sont de se préparer avec le dictaphone ou l’enregistrement vidéo de son Smartphone. Cela permet de d’évaluer sa diction et la clarté de son propos. L’apprentissage par cœur est à éviter. « Un bon orateur ne répétera en aucun cas au mot près ce qu’il a dit à la réunion précédente ! Il aura au contraire la capacité de réinventer ses phrases et d’adapter son message à son auditoire. »
Enfin, c’est un plus de prétester son intervention avant le jour J devant un collègue de confiance.
10. Prise de parole en public et gestion du trac
« En formation, nous ne parlons pas de stress qui est un état qui perdure, mais d’émotion qui fonctionne par vague ». Le trac fonctionne lui aussi par vagues émotionnelles aux durées plus ou moins longues.
« Certains font des exercices de respiration pour apaiser leur niveau émotionnel. Aujourd’hui, nous savons que la posture physique va également aider à gérer l’émotion. On va donner à son corps des consignes très pragmatiques (ex : se tenir droit) qu’il va exécuter, ce qui va nous rassurer. »
Enfin, il ne faut pas viser la perfection, trop inaccessible et paralysante. « Si on bafouille sur un mot mais que notre explication est claire, le public retiendra l’information, pas le mot oublié. Il est important de toujours relativiser les enjeux. »
Un TED à recommander sur la prise de parole de public ?
Tous les TED sont intéressants car ils sont présentés par des experts qui ont fait un travail de synthétisation. Gilles Fraigneau cite souvent celui de Chris Anderson : TED's secret to great public speaking.
Rendre son expertise accessible à l’oral
Maîtriser la prise de parole en public, c’est s’assurer de sa propre visibilité. Aujourd’hui, il faut savoir faire un webinar, communiquer sur youtube, prendre la parole lors d’une visioconférence... « Cela amène des gens qui ne sont pas porte-parole de l’entreprise mais qui ont une forte expertise-métier à la partager efficacement avec un public de non experts », explique Gilles Fraigneau. Comment va communiquer un·e ingénieur·e doté·e d’une expertise technique très importante avec les équipes Marketing ou Commercial ? Ce n’est pas un exercice évident, d’où l’importance de se former.
L’apparition des nouveaux médias comme les réseaux sociaux a eu un impact sur l’importance d’une parole synthétique. « Il faut être plus rapide, plus direct, plus compréhensible de tous ! » conclut notre expert.
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