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Avec la question du télétravail vient la question du management à distance. Et pour certains, cela va demander des transformations majeures pour bien manager une équipe à distance. Alors quels sont ces changements ? Quels sont les nouveaux rites à mettre en place ? Et quels sont les risques du management à distance ? On vous répond.
Beaucoup de managers ont découvert le management à distance avec le télétravail généralisé pendant la crise du Covid. Ils ont dû improviser, mais pour que cela fonctionne sur le long terme, il y a des principes de base qui sont importants. Il peut être intéressant de les développer dans une formation.
Depuis quelques années, nous conseillons les managers sur les styles de management efficaces à adapter au bon moment, à la situation et au collaborateur, et notamment le style participatif/collaboratif, bien plus adapté aux défis actuels des entreprises et besoins des salariés. Ces styles de management sont indispensables pour manager une équipe à distance au quotidien.
Mais plus que cela, la posture de manager coach prend tout son sens dans le management à distance. Avec cette posture le manager questionne les équipes sur leurs besoins au quotidien, afin de sécuriser, accompagner, aider, encourager et motiver.
Comme la plupart des managers l’ont fait pendant la crise du Covid, « il est nécessaire de lâcher prise, prendre du recul et se concentrer sur ce qui compte vraiment : la réalisation des objectifs et le bien-être des équipes avec qui nous n’avons plus de relations régulières en face à face », résume Claude Garcia-Zunino, CEO de Human Success et consultante pour Cegos.
Le travail à distance est l’opportunité pour de nombreux salariés de gagner en autonomie et de se sentir plus épanouis. Mais l’absence durable de contact fait aussi naître des difficultés. Le distanciel implique que le manager adapte sa façon de piloter ses équipes. Selon Claude Garcia-Zunino, il doit vraiment être « en veille permanente, car il devient le garant de la santé psychologique de ses équipes. Sa mission est d’accompagner et de rassurer, d’autant plus quand le télétravail n’a pas été choisi ».
Manager à distance impose en effet d’être plus rigoureux et attentif encore qu’en présentiel. Claude Garcia-Zunino invite ainsi à :
Les règles de fonctionnement de l’équipe doivent être énoncées afin d’instaurer une routine saine et d’éviter tout conflit. Le home office présente un risque pour tous de laisser la vie professionnelle prendre trop de place. C’est au manager d’être attentif et exemplaire sur la gestion des heures supplémentaires, par exemple.
Inutile de créer des situations angoissantes. Ainsi, il est important de veiller au partage permanent de l’information… à bon escient. Par exemple en créant différents canaux de discussion pour ne pas se noyer.
Pour favoriser l’entraide entre collaborateurs et ainsi parer au risque d’isolement, il existe de nombreuses solutions. Le manager peut, par exemple, demander que certaines tâches soient accomplies en binôme. Il peut également encourager la demande d’aide et simultanément inculquer le réflexe de proposer spontanément son aide... Il peut aussi organiser des taches et/ou des projets à organiser en équipe au quotidien.
Faire de la pédagogie sur les outils de travail à distance retenus par l’entreprise, afin qu’ils soient utilisés de façon optimale. On peut même proposer de rédiger ensemble une charte des bons usages.
Découvrez aussi notre article :"Manager à distance : les 7 erreurs à éviter"
« Il faut se voir comme un coach agile et innovant », conseille Claude Garcia-Zunino. Il est important de montrer un visage optimiste, positif : adresser des mails collectifs d'encouragement, de félicitations, demander de venir au point hebdomadaire avec une bonne nouvelle, s’autoriser des GIF qui feront sourire, ou des filtres colorés pendant les visio… Penser aussi au message positif du matin, qui va mettre toute l’équipe en joie !
Le manager à distance doit enfin être plus organisé et structuré encore qu’en présentiel. En effet, il a un enjeu accru de disponibilité et de réactivité, alors même que la communication devient asynchrone. Et ce, sur différents canaux : chat d’entreprise, mail, téléphone, visio... « Il doit être le super organisateur de son agenda, encore plus structuré au niveau gestion du temps ! », prévient Claude Garcia-Zunino. Il est conseillé de partager son planning, indiquer des heures de disponibilité pour les collaborateurs et bloquer des temps pour soi.
Les ajustements ci-dessus ne porteront cependant leurs fruits qu’à une condition : travailler en confiance et résister à la tentation du micromanagement.
« Rappelons que la confiance repose sur deux piliers, indique Claude Garcia-Zunino : le relationnel et un cadre clair. La fréquence et la qualité de la relation individuelle avec le collaborateur sont primordiales : le manager agit et réagit et réalise des feedbacks réguliers, félicite ou recadre, prend des nouvelles… » insiste-t-elle.
Il n’est pas question de perdre de vue un membre de son équipe sous prétexte qu’il est autonome, tout comme il n’est pas concevable de contrôler en permanence ce qu’il fait.
Pour cela, le manager doit poser des rituels hebdomadaires, mixer les formats et s’appuyer sur les outils à sa disposition : points téléphoniques, moments collectifs de convivialité à distance et entretiens individuels. Il doit aussi libérer la parole : « As-tu des difficultés, as-tu besoin d’aide, as-tu du retard sur le rétroplanning que nous avions acté ? Si oui, cherchons les solutions ensemble. »
Travailler ainsi sur les piliers de la confiance permet de contourner de nombreux biais du travail à distance. Cela permet de préserver le lien tout en se détachant du besoin de contrôle, responsabilise, fluidifie la communication et tout le monde gagne en sérénité !
Dernier défi pour un bon management à distance : garder intact le collectif.
Plus encore qu’en présentiel, l’esprit d’équipe devient un enjeu essentiel. Il y a un réel risque de perte de sens lorsque l’on se sent isolé au sein de l’équipe, de démotivation lorsque l’on perd ses repères, de perte d’entrain à force de travailler en solo et pour finir de délitement du sentiment d’appartenance.
Le manager doit donc compenser de façon très concrète l’absence de contact. Ses objectifs : le renforcement de la bienveillance et la convivialité au sein de son équipe. « Il a pour mission d’organiser et planifier l’informel, puisque celui-ci ne peut plus se produire de la même manière » plaisante Claude Garcia-Zunino.
Pour y parvenir, le nouveau positionnement de coach évoqué plus haut deviendra une seconde nature :
On ne le dira jamais assez : jouer la carte de l’émotionnel, humaniser les relations en se montrant attentif et bienveillant, oser l’humour. Vous l’aurez compris, le management à distance requiert des compétences relationnelles, émotionnelles et organisationnelles hors-normes. « Il a beaucoup à apprendre, dans un contexte où les pratiques de travail continuent d’évoluer. Il faut savoir être inventif pour proposer un leadership positif et efficace », résume Claude Garcia-Zunino.
Opération impossible