Recevez nos newsletters
Formation, Management, Commercial, Efficacité pro
Abonnez-vousYou are using an outdated browser. Please update your browser for a better experience
La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" a fortement impacté le marché de la formation professionnelle. Elle a modifié à la fois la gouvernance du système et l’interaction des acteurs entre eux… Faisons le point.
Le marché de la formation professionnelle en France affiche une croissance dynamique. Selon l'Institut d'études Xerfi, le chiffre d'affaires du secteur a atteint 27,6 milliards d'euros en 2022, soit une hausse de 10,6% par rapport à l'année précédente. Un dynamisme qui s'explique notamment par l'essor de la formation digitale, qui offre des solutions flexibles et accessibles à un public plus large ; la volonté des individus d’être acteurs de leur parcours professionnel, soutenue notamment par le Compte Personnel de Formation (CPF) ; l'investissement croissant des entreprises dans la formation de leurs salariés, face aux mutations technologiques et aux exigences d'employabilité et le développement de l'apprentissage, porté par les réformes gouvernementales et l'attrait des jeunes pour cette voie d'insertion professionnelle.
Un des principaux objectifs de la loi de 2018 sur la formation professionnelle était de développer et faciliter l’accès à la formation pour tous et donner de nouveaux droits aux personnes pour leur permettre de choisir leur vie professionnelle. Principal levier pour y parvenir, le compte personnel de formation (CPF). Chaque individu dispose aujourd'hui d’un budget pour se former, qu’il utilise quand et comme il le souhaite. En 2022, 1,85 million de personnes ont eu recours au CPF, mobilisant 1,6 milliards d'euros.
Parallèlement, selon le dernier baromètre Cegos "Transformations, Compétences & Learning", 30 % des salariés craignent de voir leur métier disparaître, tandis que 74 % anticipent une évolution du contenu de leur travail. Pour faire face à ces changements imminents, ils se tournent vers la formation et deviennent réellement acteurs de leur parcours professionnel. Ainsi pour 90 % des actifs, la formation professionnelle constitue une nécessité pour répondre aux mutations du monde du travail (Source Baromètre Centre Inffo). Et 77% d'entre eux pensent que c’est à chacun d’être responsable de son parcours de formation professionnelle.
La Loi de 2018 n’a pas changé les obligations de l’employeur en matière de formation. La formation des salariés est inscrit dans le droit du travail (article L 6321-1 du Code du travail) et l’employeur doit assurer l’adaptation des salariés à leur poste de travail, veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l’évolution des emplois, des technologies et des organisations.
D'autre part, toute entreprise qui emploie des salariés participe au financement de la formation professionnelle via la contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance (CUFPA). Le montant de sa contribution dépend de l’effectif de l’entreprise et de la masse salariale (Entreprises de moins de 11 salariés : 1,23%, entreprises de 11 salariés et plus : 1,68 % ).
Au delà de ces contraintes légales, la formation est de plus en plus considérée comme un investissement. L’entreprise doit sans cesse s’adapter aux évolutions de son environnement, de ses activités et de ses métiers. Elle doit donc adapter les compétences de ses équipes pour rester compétitive. L’investissement dans la formation professionnelle est alors décisif. Ainsi, "des études montrent que les salariés formés augmentent de 23 % leur productivité en moyenne comparé à ceux qui ne sont pas formés" (Astrid Panosyan-Bouvet, ministre déléguée en charge du travail et de l’emploi, UHFP, 22/01/2025). Miser sur le développement des compétences lui permet également de renforcer la motivation, l'engagement de ses collaborateurs, et d’améliorer son attractivité sur le marché du travail.
En 2023, les entreprises ont dépensé 25 Md€ au titre de la formation professionnelle (Source jaune budgétaire, Annexe PLF 2025). 41% des salariés ont eu accès à au moins une formation organisée par leur employeur au cours de l’année 2023, toutes entreprises confondues. Les formations suivies sont essentiellement courtes, en moyenne de 30 heures, et les formations à distance sont de plus en plus utilisées par les entreprises (38 % des entreprises), notamment par les plus grandes.
Cela dit, les inégalités d’accès à la formation suivant la taille et l’activité de l’entreprise persistent. Ainsi, le taux d’accès à la formation est seulement de 23 % dans les entreprises de moins de 50 salariés, contre 76 % pour les salariés des entreprises de 1 000 et plus. Le secteur d’activité joue aussi : 16 % des salariés de l’agriculture ont eu accès à la formation, 27 % dans la construction, 39 % de ceux du tertiaire, 54 % dans l’industrie, 66 % dans le transport et jusqu’à 77 % dans la finance…
Le marché de la formation professionnelle est très fragmenté, avec une multitude d'acteurs aux rôles et aux compétences complémentaires. On recense 87 800 d’organismes de formation en France (Chiffre 2022) soit + 6 % par rapport à 2021 (source Jaune Budgétaire). Cette évolution est en partie portée par l’augmentation du nombre d’organismes individuels (+ 18 %), tandis que le nombre d’organismes pour les autres formes juridiques diminue. Le chiffre d’affaires global des organismes de formation continue de progresser et atteint près de 28 milliards d’euros en 2022, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. En 2022, 98 % des organismes de formation relèvent du secteur privé, formateurs individuels (42 %), organismes à but lucratif (43 %) ou non lucratif (13 %). Alors qu’ils ne représentent que 2 % des organismes de formation, les organismes publics et parapublics réalisent 21 % du chiffre d’affaires global.
Beaucoup de critères entrent en ligne de compte pour le choix d’un organisme de formation : programmes proposés, formats de formation, niveau de qualification, budget, localisation… Pensez à bien vérifier les qualifications et habilitations de l'organisme avant de faire votre choix.
Créée en 2019 par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, France Compétences est au cœur du système français de la formation professionnelle. Ses missions principales, définies par le Code du travail, s'articulent autour de la régulation, du financement et de l'évaluation de la formation professionnelle et de l'apprentissage.
Depuis 2019, les Opérateurs de compétences (OPCO) remplacent les Organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA). Ils ont 3 missions principales : Assurer le financement du plan de développement des compétences et des services de proximité au profit des TPE-PME (<50 salariés) ; assurer le financement des formations en alternance (contrat d’apprentissage, de professionnalisation et Pro-A) et appuyer techniquement les branches sur les questions de GPEC, de niveaux de prises en charge des contrats d’apprentissage et de professionnalisation, de certification. En savoir plus sur les OPCO
Il existe 11 OPCO spécialisés par secteurs d’activité :
La Caisse des Dépôts et Consignations finance le CPF. Créée en 1816, la CDC est une institution financière publique au service de l'intérêt général. Elle gère les dépôts (Livret A, PEL…), finance l'investissement (logement social, transition écologique…), accompagne les projets de développement des territoires et soutient l’innovation sociale (initiatives solidaires et inclusives.
Depuis 2019, la CDC joue un rôle central dans le système de formation professionnelle français en tant que gestionnaire du Compte Personnel de Formation (CPF).
En savoir plus sur le Compte Personnel de Formation
L'URSSAF (Union de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales) est un organisme public qui collecte les cotisations sociales et fiscales des entreprises et des travailleurs indépendants. Depuis 2022, les Urssaf (et caisses de la MSA) collectent mensuellement les contributions de formation professionnelle et la taxe d’apprentissage, versées par tous les entreprises et reversent les fonds collectés aux organismes collecteurs de la formation professionnelle (OPCO).
France Travail est un opérateur de l’État né en janvier 2024 de la fusion de Pôle Emploi et des Missions Locales. Il a pour mission d'accompagner les demandeurs d'emploi et salariés vers l'emploi et la qualification :
Le Conseil en Evolution Professionnelle conseille et oriente les actifs. C'est un service gratuit et personnalisé proposé par France Travail. Il s'adresse à tous les actifs, demandeurs d'emploi ou salariés, qui souhaitent faire le point sur leur situation professionnelle et envisager une évolution. D'une part, il les accompagne dans la réflexion et la construction de leur projet professionnel. Cela passe par l'analyse de leurs compétences, leurs motivations et leurs aspirations, ainsi que par l'identification des opportunités d'emploi et de formation. Et d'autre part, il les informe et les oriente sur les différents dispositifs de formation professionnelle existants. Le CEP peut également les aider à constituer leur dossier de financement. En savoir plus sur le CEP.
Les Associations Transitions Pro soutiennent les projets de transitions professionnelles. Elles ont remplacé les FONGECIF (Fonds paritaires interprofessionnels de gestion du congé individuel de formation). Ce sont des associations paritaires interprofessionnelles régionales (CPIR) : Transitions Pro Bretagne, Transitions Pro Corse, etc… Elles ont notamment pour mission de soutenir les projets de transitions professionnelles dans le cadre du CPF de transition (aussi appelé Projet de Transition Professionnelle(PTP), dispositif permettant aux salariés de changer de métier ou de profession en suivant une formation qualifiante ou certifiante) ou du dispositif Transitions Collectives destiné à faciliter les reconversions des métiers fragilisés vers les métiers d’avenir au sein d’un même bassin d’emploi.
Elles ont également la charge de développer le Conseil en Évolution Professionnelle et d'analyser les besoins en termes de compétences et d’emplois, sur le territoire de la région concernée.
Besoin de plus d'informations sur le système de la formation professionnelle, les dispositifs, les financements... ? Retrouvez notre dossier Réglementation de la formation.
Opération impossible