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La tendance est à la prise en compte des apprentissages informels, et à leur encouragement. Prestataires et concepteurs de dispositifs internes de formation intègrent donc de plus en plus souvent la création d’un groupe dédié sur un réseau social, comme partie prenante du dispositif. Mais suffit-il vraiment de proposer à des apprenants d’adhérer à un groupe Yammer ou LinkedIn pour créer une communauté d’apprentissage ?
Dans le Social Handbook 2014, Jane Hart reprend la distinction établie par Richard Millington entre différents types de communautés en ligne :
Et des communautés de circonstances, qui regroupent des personnes réunies par un événement extérieur.
Le terme « communauté d’apprenants » est trop vague pour caractériser véritablement l’intention de celui qui la crée. Je propose donc de situer son intention selon que la finalité est d’avantage :
Etienne Wenger-Traynor définit la communauté de pratique comme «un groupe de personnes qui partagent une préoccupation ou une passion à propos de quelque chose qu’elles font, et qui apprennent à le faire mieux en interagissant régulièrement ».
Ainsi qu’il l’indique sur sa page « introduction aux communautés de pratique » , trois conditions doivent être réunies pour que l’on se trouve en présence d’une telle communauté :
Animer une communauté de pratique, écrit E. Wenger-Traynor, c’est s’assurer que ces trois éléments constitutifs (Domaine/ Communauté/ Pratique) sont réunis et les cultiver parallèlement.
Les communautés de pratiques peuvent être auto-constituées par leurs membres. Mais Jane Hart, dans le Social Learning Handbook 2014, note que la fonction L§D (Learning and Development) peut constituer et animer une communauté de pratique, pour encourager de nouvelles manières d’apprendre.
Lire aussi : La communauté d’apprentissage, une modalité originale au service des formateurs
Jane Hart propose de retenir ce terme pour les personnes qui sont réunies par le fait d’avoir participé à un programme formel de formation. La communauté d’apprenants est dans l’intention du pédagogue (Lave et Wenger, 1991). Son objet est la maîtrise de savoirs explicites, qui vont servir une pratique en devenir dans un domaine donné (Delalonde et Isckia).
En transposant à la formation d’adultes la définition de l’Université de Laval (Québec), je propose la définition suivante : « groupe constitué d’apprenants et d’au moins un facilitateur qui, durant un certain temps, animés par une vision et une volonté communes, poursuivent la maîtrise de connaissances, d’habilités ou d’attitudes ».
Mélanie Bos Ciussi, dans sa thèse « Du réseau à la communauté d’apprenants » (Sciences de l’Education, Université Aix Marseille) présente (slide 8) une matrice permettant de positionner un groupe en interaction selon le lieu (présentiel – à distance) et la force du lien social entre les membres (faible – fort).
Le lien social peut être fort en face à face, si des situations de travail coopératif sont proposées. Mais il peut aussi être faible, lorsque chacun apprend pour soi. De même, il peut être faible à distance, dans le cadre d’un réseau en ligne où s’échangent essentiellement des informations. Ou fort, dans des communautés virtuelles où les interactions se font de personne à personne. Elle peut ainsi situer sur les quadrants la force du lien social constatée sur 3 dispositifs différents de formation (slide 9).
Trois attitudes fondamentales distinguent une communauté d’apprentissage d’un autre groupe de personnes réunies pour apprendre, écrit R. Grégoire dans l’article consacré sur le sujet par l’Université de Laval (Québec) : l’attention, le dialogue et l’entraide.
Mélanie Ciussi montre également que la communauté d’apprentissage n’est pas qu’une affaire de partage de connaissances. Ce sont les liens socio-affectifs et les échanges socio-cognitifs qui permettent l’émergence d’une identité en tant que communauté, et confortent l’apprentissage social.
Ce qui apparaît à travers ces propos, c’est qu’il ne suffit pas de donner la possibilité aux participants d’une formation de rejoindre un groupe virtuel, sur un réseau social interne ou externe à l’entreprise, pour générer une communauté d’apprentissage.
Ces attitudes doivent être suscitées par l’ensemble des activités proposées pendant les temps formels de formation, reconnues et encouragées par la posture du formateur Des règles de conduite doivent être largement discutées et explicitées, avec les apprenants mais aussi avec la ligne managériale, particulièrement dans les dispositifs internes.
On a donc trois types de communautés qui peuvent être suscitées à l’occasion d’un dispositif de formation :
Clarifier l’intention me paraît donc être un préalable incontournable à la création d’une communauté réunissant des apprenants.
Opération impossible